Chroniques d'un citoyen lambda qui regarde et commente ce qui se passe autour de lui
4 Octobre 2024
Dans quelques jours s'ouvrira, avec le discours traditionnel du souverain, la première session de la 4ème année législative de la 11ème législature.
Journée hautement symbolique, certes mais qui ne interdit pas de nous poser une question essentielle : le Maroc vit-il une vie politique normale ?
Il faudrait d'abord répondre à la question de savoir ce qu'est une "vie politique normale" !
Cela suppose que la société participe à la vie des institutions du pays soit directement pat le vote, soit par l'entremise des "courroies de transmission" que ce sont les partis politiques, les syndicats et ce que l'on appelle communément la société civile.
Par le vote ?
On peut en douter : lors des élections législatives, régionales, municipales et communales de 2021 - qui se sont déroulées LE MEME JOUR pour la première fois au Maroc - le taux de participation a été à peine supérieur à 50 %.
Ce chiffre doit donner à réfléchir si l'on considère que le nombre d'inscrits sur les listes électorales est très faible par rapport à la population en âge de voter : 17,50 millions de personnes inscrites sur un total de 25,22 millions de Marocain/es susceptibles de voter, soit un taux d'inscription de 69,4%.
Les marocain/nes de base se sont plus attirés ni intéressés par la politique!
Par les "courroies de transmission" traditionnelles?
Les partis politiques, à part le P.J.D., semblent se complaire dans une confortable léthargie, douce à leurs dirigeants.
Les congrès, quand ils se tiennent aux dates prévues, sont devenus des "chambres d'enregistrement" votant pour le renouvellement des dirigeants en place ou alors ils tournent vite en queue de poissons. On a vu le dernier congrès du PAM se conclure par l'élection d'une très bizarre direction collégiale qui ne semble satisfaire personne.. .
Les réunions régionales ou locales sont pratiquement inexistantes! Aucune activité n'est plus organisé par les délégations régionales des partis ni encore moins par les sections locales.
Les meetings ont disparu du paysage politique marocain même en périodes électorales! Seuls quelques settings sont organisés en soutien des causes étrangères, comme la Palestine ou des causes internes d'ordre le plus souvient social (hausse des prix ou cherté de la vie le plus souvent).
La presse écrite partisane a pratiquement disparu ! Qu'est devenu AL ALAM, quotidien phare du PI ? Qui achète encore AL ITTIHAD AL ICHTIRAKI quotidien emblématique de l'USFP ? Quid de AL BAYANE, quotidien que feu Ali Yata et son fils Nadir Yata avaient porté à bout de bras pendant des années au nom du PPS ?
La presse électronique et les réseaux sociaux sont désertés totalement par les partis politiques alors que ce sont les moyens actuels les plus plus aptes à communiquer notamment avec la jeunesse .
Ce vide partisan a laissé des boulevards ouverts aux charlatans et aux agitateurs professionnels qui phagocytent l'espace médiatique au nom de la liberté d'expression et au droit d'informer! Une énergie énorme est ainsi dépensée en procès, ce qui nuit énormément à l'image du pays!
Peut-on dire qu'en 2024 le Maroc compte de "grands hommes" dans le monde politique ? Des hommes qui puissent rivalisent en charisme avec un Allal Fassi, ou un Ali Yata, en compétence comme un Abderahim Bouabid ou .Driss Jettou, en originalité comme Mahjoubi Ahardan , en constance dans les convictions comme Mohamed Bensaïd Idder, en intégrité morale comme Abdellah Ibrhamim ou Abderrahman Youssoufi, en profondeur intellectuelle comme Mohamed Lahbabi ou Mohamed Guessous,
Ce n'est certes pas les gesticulations de Abdelilah Benkirane chef du P.J.D. , ses discours décousus et ses formules à l'emporte-pièce qui peuvent entrainer les foules un tant soit peu raisonnables.
Il faut bien le reconnaitre : nous n'en trouvons plus de leaders politiques ! Nos hommes et femmes politiques actuels sont "incolores, inodores et sans saveur"!
Ce manque de modèle à suivre qui peut faire rêver rend le recrutement de nouveaux adhérents difficile et pzr voie de conséquence tout à fait logique bloque le renouvellement des élites politiques.
Qu'en est-il des syndicats, de leur mission et de leur action ,
Depuis des années, le marocain qui travaille semble avoir renoncé à voir cette courroie de transmission en lui et le patronat d'une part et d'autre part les services publics chargés de la surveillance et le contrôle du travail.
Les syndicats sont focalisés sur les seuls fonctionnaires, et même les quelques seuls bastions que les syndicats contrôlent encore : l'enseignement en partie et quelques ilots dans divers ministères ou collectivités territoriales.
Donc les syndicats les plus représentatifs -il serait intéressant de décortiquer la véritable représentativité de ces partenaires sociaux - font de la figuration et croient-ils de la négociation et de la surenchère face au gouvernement!.
Mais on a remarqué qu'ils se font déborder par les "tansi9iyar" ou "coordinations" (associations de fait sans véritable statut ni légitimité), incontrôlables et incontrôlées dont les actions ont abouti à des accords avec les enseignants, remis en cause dès la présente rentée scolaire.
Même au niveau estudiantin, les syndicats sont inexistants et laissent donc la voie libre à l'initiative de chacun ou de chaque groupe : le Maroc se retrouve avec une crise inextricable au sein de la faculté de médecine, qui dure depuis une année et dont peu de marocains connaissent les causes et les enjeux.
Que sort-il de cet état de choses ?
On a obtenu ce que le journaliste Mohamed TOURABI, dans un récent numéro de TEL QUEL; le "pire parlement de notre histoire" :
Je retiendrais de son article que nous avons UNE TRENTAINE d'élus nationaux qui ont maille à partir avec la justice pour des raisons de droit commun : corruption, dilapidation de fonds publics,
Pour sa part, un autre magazine, généralement sérieux, nous informe que "UN DEMI MILLION" d'élus locaux poursuivis par la justice!
Les enquêtes sont engagées, certes, la justice est saisie en effet, mais quid des résultats éventuels ?
Le gouvernement issu de ce "pire parlement de notre histoire" pouvait-il être meilleur que les précédents !
Les mêmes causes provoquant les mêmes effets, Aziz AKHENOUCH ne pouvait, malgré ses promesses de la campagne législative qui l'a porté au pouvoir et relagué le PJD congrue de la représentation nationale, réaliser des miracles.
Le sécheresse a fini par avoir le dernier mot contre la politique du "MAROC VERT" qui a dilapidé les réserves en eau du pays!
Le séisme du Haouz a porté un nouveau coup à ce gouvernement qui n'a pas été aussi réactif que le Palais et la société civile.
De manière générale, les ministres du gouvernement AKHANOUCH semblent manquer totalement de compétence pour régler les diverses crises qui se chevauchent et se succèdent dans le pays : crise des enseignants, crises des étudiants en médecine, crise de l'immigration, crise de l'emploi, crise de la hausse des prix!
Ainsi, le Maroc, dans ce dernier trimestre s'engage dans une période assez perturbée : une campagne agricole dont on ignore encore les perceptives, une hausse des prix persistante bien que l'inflation soit relativement maitrisée, un chômage rampant et endémique que rien ne semble enrayer, ders secteurs entiers de l'économie en crise et d'autres en pleine expansion, un peuple qui réagit au drame palestinien mais continue à regarder Chouf TV et à avaler des heures de TikTok, à vivre et souvent à survivre en utilisant tous les moyens qu'il peut trouver !
Je ne sais pas répondre à la question que j'ai posée au départ : LE MAROC VIT-IL UNE VIE POLITIQUE ?
Aidez-moi à trouver une ou les réponses sérieuses !
UN